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[Dossier] L'enfant et les écrans : un mal pour un bien ?

16 Octobre 2014, 22:00pm

Publié par Papa Online !

[Dossier] L'enfant et les écrans : un mal pour un bien ?

Les écrans et les enfants, on en (re)parle. Au fil des années, diverses études démontrent que le temps passé devant les écrans progresse à vitesse grand V, au détriment des moments de jeu en famille. Si chez la #FamilleOnline on lutte contre ça, force est de constater qu'au XXIe siècle dans lequel nous vivons, il est difficile de passer outre les nouvelles technologies. Aujourd'hui, je voulais vous mettre en avant une étude "paneuropéenne" Duracell, menée auprès de 6 000 familles, sur les évolutions des comportements parents-enfants en matière de jeu. Sans oublier l'analyse d'un professionnel de la santé, le Dr Frédéric tordo, psychologue clinicien.

Etude Duracell : les écrans mettent à l’écart les activités dites traditionnelles

Cette étude m'a été présentée lors d'une table ronde organisée dans un lieu "kidsfriendly" à Paris. Nathalie Vimar (de la marque Duracell) nous a présenté ses grandes lignes, et force est de constater que, en effet, les temps changent et nos loulous d'aujourd'hui évoluent avec leur temps... et les écrans.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. "Plus de 6 parents européens sur 10 passent plus de 2 heures de leur temps libre chaque jour devant un écran ; ce chiffre descend à un peu moins de 4 enfants sur 10 pour les plus petits. Côté Français, on comptabilise 60% des adultes passant cette même limite de temps, contre 25% pour leurs enfants. Les parents de l’hexagone passent donc 2 fois plus de temps devant les écrans que leurs enfants." Des chiffres qui ne me surprennent pas, passant moi-même beaucoup de temps sur l'ordinateur (beaucoup moins devant la télévision, je l'avoue). Pour autant, nous (parents) essayons de canaliser nos enfants en les limitant le plus possible aux écrans (l'aîné ayant tout juste 3 ans 1/2 quand même...). De ce fait, aucune surprise lorsqu'on apprend que "70% des enfants pensent que leurs parents passent trop de temps derrière leurs écrans" : bon là, j'avoue, je n'ai pas encore eu trop de critiques à ce niveau-là. "Papa travaille", me dit pour l'instant Léon... :-)

Ainsi, Nathalie Vimar ose parler du phénomène du « toujours connecté ». N'est-ce pas ce que nous vivons tou(te)s aujourd'hui ? (le premier qui dit le contraire lève le doigt !). Car oui, il ne faut pas le renier, les tablettes numériques (qui succèdent au boom des ordinateurs) ont le vent en poupe. Nous-mêmes, nous avons prévu d'acheter la première tablette à notre grand Léon.

Si si, moi aussi je carbure aux piles Duracell...

Si si, moi aussi je carbure aux piles Duracell...

Une "cure de désintoxication numérique" ?

Pas plus tard qu'hier, la #FamilleOnline s'est retrouvée dans la chambre des enfants pour jouer avec des jeux... traditionnels : puzzle, mémory, jeux de carte & Co. Les indémodables, en quelques sortes. Et, qu'on se le dise, cela fonctionne toujours autant. C'est là où l'on retrouve les données chiffrées de notre étude : 3 familles sur 5 reconnaissent qu'il faudrait subir une "cure de désintoxication numérique" : "60% des parents français déclarent avoir beaucoup de plaisir à jouer « activement » avec leurs enfants. En comparaison, seuls 20% des parents l’expriment lors de l'utilisation d’écrans pour jouer avec eux, soit trois fois moins." Dans tous les cas, les parents français sont majoritaires à passer plus de temps à jouer avec leurs enfants hors écrans. Tout est dit...

Et c'est vrai qua chez nous, parler fait partie du quotidien. Nous avons besoin d'échanger. D'ailleurs, la mayonnaise prend de plus en plus : Léon, si discret à la crèche, est aujourd'hui devenu un moulin à paroles. Est-cedû au simple fait qu'il n'est pas constamment devant un écran ? Aucune étude, à mon sens, ne nous dira la "vraie" réalité. Mais les faits sont là. Pour autant, nous le savons : dès l'entrée en école élémentaire (CP), les écrans sont un passage obligé dans l'apprentissage de nos enfants. Enfin... à doses oméopathiques, de manière crescendo. Car trop d'écrans tue les écrans.

Ah oui, petite anecdote : savez-vous quels sont les endroits ou moments restant sacrés et donc sans éceans pour les Français ? Je vous le donne en mille :

  • le bain (73%),
  • les toilettes (65%),
  • le lit (65%)
  • la table du diner (54%).

A noter que dans ma ville "solidaire et fraternelle", les habitants de certains quartiers ont décidé d'organiser, régulièrement, des soirées "sans écrans". Une idée à mettre davantage en place, à l'instar des soirées sans lumière (pour économiser l'énergie) ou les campagne pour économiser l'eau (car "l'eau n'est pas une ressource inépuisable"). A méditer...

Le Dr Tordo (à gauche) et Nathalie Vimar (à droite).

Le Dr Tordo (à gauche) et Nathalie Vimar (à droite).

Du bon usage des écrans

Dans la foulée, l'intervention du Dr Frédéric Tordo, psychologue clinicien, docteur en psychologie et psychanaliste, nous a permi d'aller plus loin dans cette réflexion sur les écrans vis-à-vis de nos enfants. Je ne vais pas rentrer dans le côté "psychanaliste" du discours : très intéressant, mais je risque de perdre du monde si j'en faisais un compte-rendu. Parlons plutôt du bon usage de ces tablettes et compagnie...

Car oui, ce qu'il faut savoir, c'est que de nos jours, culture du livre et culture du numérique FONT bon ménage. Et que leur complémentarité doit être mise en valeur, selon l'âge de l'enfant.

Favoriser l'alternance chez le jeune enfant

De la même façon que les nouveaux aliments introduits dans l’histoire n’ont pas fait disparaitre les anciens, mais ont contribué à la diversification de l’alimentation, les nouveaux objets technologiques ne doivent pas être pensés comme pouvant se substituer aux activités ludiques traditionnelles. Ils ne les remplacement pas, mais s’y ajoutent. C’est pourquoi il est indispensable de favoriser l’alternance entre les divers moyens d’expression des enfants (jouets, objets technologiques, livres, etc.), pour cultiver les formes sensorimotrices de l’intelligence, aussi bien intuitive qu’hypothético-déductive.

La règle 3-6-9-12 : des écrans adaptés à chaque âge

  • Avant 3 ans :

L’enfant a besoin de construire ses repères spatiaux et temporels. Et pour cela, il doit pouvoir flairer, toucher, porter à la bouche ses objets favoris. Le bébé ainsi construit ses repères spatiaux découvre les possibilités de son propre corps et apprend à se repérer dans l’espace. L’enfant a donc besoin d’interagir avec ces cinq sens, on évite les écrans qui ne permettent aucune interactivité sensori-motrice. (...)

  • Entre 3 et 6 ans :

L’enfant a besoin de découvrir toutes ses possibilités sensorielles et manuelles : l’enfant a besoin de créer avec ses dix doigts, et pas seulement d’un clic, de construire une représentation de l’espace en trois dimensions. On évite la télévision et l’ordinateur dans sa chambre. On établit des règles claires sur le temps d’écrans (une demi-heure par jour est bien suffisant) et on respecte les âges indiqués pour les programmes. On adopte une attitude active devant un programme regardé en famille : on donne son jugement sur les images, et on invite à ce que l’enfant fasse de même, afin que celles-ci deviennent un support d’échanges et non pas de fascination. (...)

  • Entre 6 et 9 ans :

L’enfant a besoin de découvrir les règles du jeu social. Pour ce qui concerne internet, sa fréquentation à cet âge risque de brouiller deux formes de repères que l’enfant est en train de construire et qui lui sont indispensables : la distinction entre espace intime et espace public d’un côté, et la notion de point de vue de l’autre. On évite la télévision et l’ordinateur dans la chambre. On établit des règles claires sur le temps d’écran et on respecte les âges indiqués pour les programmes. Pour le temps d’écran, il peut s’agir maintenant d’un « contrat à la personne » qui doit tenir compte de deux facteurs : l’enfant peut gérer son temps d’écran comme il le souhaite entre les différents écrans auxquels il a accès, mais il doit en même temps consacrer du temps à d’autres activités impliquant notamment son corps et ses relations avec ses camarades.

  • Entre 9 et 12 ans :

L’enfant a besoin d’explorer la complexité du monde. Mais il a aussi besoin d’être accompagné pour découvrir Internet en toute sécurité. On lui montre l’utilité de cet outil, mais aussi ses limites et ses dangers. On continue d’établir des règles claires sur le temps d’écrans. On détermine avec lui l’âge à partir duquel il aura son téléphone mobile. On rappelle les trois caractéristiques d’internet : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public ; tout ce que l’on y met y restera éternellement ; tout ce que l’on y trouve est sujet à caution : certaines données sont vraies et d’autres fausses.

L'avis de Papa Online !

Qu'on soit d'accord (très majoritairement) ou pas face à ces données, le tout est réellement d'accompagner son enfant dans sa découverte "progressive" des écrans. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le "tout écran" est néfaste, à n'importe quel âge que ce soit (même pour nous, adultes...). Il faut donc savoir être "raisonnables" face à ce monde du numérique qui nous échappe totalement et qui promet encore de belles (et de moins belles) surprises dans un avenir proche. En un mot : soyez vigilant(e)s !

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tituce 21/10/2014 10:48

J'adore ces articles sur ce sujet!
Je lutte moi même pour ma désintoxication en me refusant d'avoir un tel qui devienne autre chose qu'un téléphone! En dehors de chez moi je ne peux pas être connecté, en ballade ou autre je suis sans écran!
Alors oui je passe pour une has been quand je sors mon téléphone et on me regarde avec des yeux d'incompréhension. Mais en attendant mes enfant qui s'ennuient quelque part ne peuvent pas regarder un dessin animés ou faire un jeu sur mon super high tech téléphone I-truc ou je ne sais pas comment ils s'appellent! Ils trouvent toujours autre chose à faire avec ce qui les entourent! ;-)
Et je résisterais autant que possible car je me connais, j'aurais du mal à ne pas être connecté tout au long de la journée, peut importe ou je suis!