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[Info du jour] 40 ans de l'IVG : "un droit plus qu'un dernier recours" #bougezpourLIVG

12 Janvier 2015, 04:00am

Publié par Papa Online !

Simone Veil, à l'Assemblée Nationale en novembre 1974.

Simone Veil, à l'Assemblée Nationale en novembre 1974.

L'IVG a 40 ans. Quarante ans de droits, d'une avancée certaine pour une époque où le sujet était alors particulièrement tabou. Si aujourd'hui, plus de 200.000 sont recensés en France, l'Intervention Volontaire de Grossesse n'est pas encore encré dans la tête de chacun. Et c'est bien dommage.

Un peu d'histoire...

Le 17 janvier 1975, mes parents ne m'avaient peut-être même pas encore "imaginé" (ouais j'ai pas l'air, mais je suis encore supra jeune^^). Et pourtant (redevons sérieux...), cette date du 17 janvier 1975 restera à jamais dans l'histoire de la conquête des droits pour les femmes une date décisive : celle leur donnant la possibilité légale de disposer de leur corps et de faire entrer le principe de maîtrise et de volonté dans la question de la procréation.

Cette "possibilité légale" ne serait rien sans la volonté d'une femme, Simone Veil, et à une détermination dépassant même la simple volonté politique (c'est en tout cas mon avis...). Car, il ne faut pas se le cacher, à l'époque, le sujet était méga tabou. Dès 1981 et l'arrivée de la gauche au pouvoir, la loi sur l'IVG a été renforcée avec sa "démocratisation" (prise en charge et remboursement, notamment). Oui... il aura fallu encore attendre 8 ans supplémentaire (looi de 1982). Puis, en 1993, une autre loi instaure le "délit d'entrave" contre tout médecin se refusant d'appliquer la loi Veil. Enfin, dernière avancée avec la loi de 2014 dite "Najat Vallaud-Belkacem", renforçant cette pénalisation de l'entrave et permettant (enfin !) le remboursement à 100% de l'IVG. Dès lors, "toute femme est libre d'avoir des enfants, d'en choisir le moment et cela pour toutes les femmes quelle que que soit leur condition sociale". 39 ans après "THE" loi...

Mon avis sur l'IVG...

Bien sûr, je suis un homme. Mais merde, c'est de la liberté de disposer de "son" corps dont on parle ici. Et dire qu'en 2015, certains refusent encore cette liberté. Sur 20 minutes, j'ai encore lu des témoignages : «Le médecin m'a dit d'un ton glacial que je devais assumer mes conneries», «Le gynéco m'a tendu des prospectus sur les modes de gardes d'enfants» ou encore «On nous redemande sans cesse si c'est vraiment ce que l'on souhaite» (lire l'article ici). Si si, certains pensent encore ça au 19e siè... euh pardon, au 21e siècle !

Au jour d'aujourd'hui, ce combat permettant aux femmes à disposer de leur corps, nous nous devons de tou-te-s le porter haut et fort. En France. En Europe. Et partout où il est possible de le porter ! Dans le Huffington Post, j'ai lu une autre vérité : "Ce combat doit être étendu à l'Union européenne et être inscrit dans le droit européen comme une liberté individuelle fondamentale au même titre que la liberté de conscience et d'expression."

Le combat continue !

Bref, il ne faut pas lâcher face à ces discours d'un autre temps. Si notre ministre actuelle, Marisole Touraine, semble à son tour être force de proposition, n'oublions pas les inconvénients étroitement liés à une politique libérale tant décriée depuis tant d'années. Vu sur la page Facebook de Osez le Féminisme : "Les Féministes en Mouvements regrettent de ne voir aucune mesure visant à rouvrir les quelques 130 centres d'IVG qui ont fermé depuis 2004. Dix années de politiques libérales en matière de santé publique ont causé des dégâts, dont les femmes ont fait les frais. Si la pratique des IVG médicamenteuses par les sages-femmes peut être une solution, elle ne doit pas nous faire oublier que les centres d'IVG doivent avoir leur place dans tous les hôpitaux publics. Sans cela, les délais d’attente continueront d’être problématiques : l’IVG médicamenteuse ne se pratique qu’avant 7 semaines. Le choix entre IVG médicamenteuses et chirurgicales doit être possible pour les femmes. Les procédures proposées de prise en charge pour IVG entre 10 et 14 semaines d'aménorrhée ne sauront suffire. Rappelons que 2 000 Françaises partent avorter à l’étranger chaque année faute de place."

Alors oui : LE COMBAT CONTINUE. Le 17 janvier 2015, ce sont donc les 40 ans de l'IVG. Espérons juste qu'il ne faudra pas 40 nouvelles années pour que ce droit devienne une liberté individuelle fondamentale. En attendant, pour les Francilien-ne-s comme moi, rendez-vous ce samedi 17 janvier pour participer à la manifestation unitaire, dès 14h30 Place de la Bastille à Paris. Pour l'anecdote, la maternité des Lilas et le maintien de son centre IVG seront au cœur de notre manifestation !

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